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Billetterie
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L’Opéra Underground

Image sans aberration chromatique

Le projet

Pandémie ou pas, le plaisir et la stimulation du programmateur qu’est Richard Robert, rompu à l’exercice aux Nuits de Fourvière, sont intacts. Dick Annegarn est attendu, tout comme le plateau de création Les Sahariennes, avec les chanteuses Noura Mint Seymali, Dighya Mohammed Salem, Souad Asla et Malika Zarra, plusieurs fois repoussé mais auquel Richard Robert tient beaucoup. Comme la poursuite d’un projet ouvert, dans un lieu unique, niché sous l’opéra, et qui déborde à tout point de vue. « C’est un lieu suffisamment petit, intime (200 places) au regard de la grande salle et de l’institution qui l’accueille. Mais ce rapport d’échelle est intéressant. Nous tenons beaucoup à la notion de laboratoire, et cette taille modeste autorise aussi de grandes ambitions. En plus du Péristyle, l’Opéra Underground investit parfois la grande salle, creusons l’idée d’un lieu de circulation, de partage. Olivier Conan, mon prédécesseur, a posé la graine d’un lieu non genré, sans clan ni chapelles. Tout est possible tel que je le vois. On a les coudées franches et ce n’est pas si fréquent. »

A quoi comparer en effet l’Opéra Underground puisqu’aucune autre grande maison que celle de Lyon n’a pour l’heure osé une telle offre alternative ? Le grand répertoire oui, mais sans s’interdire à côté le jazz, le hardcore ou un groupe traditionnel venu des Pouilles.
« Je crois que j’ai gardé de mon passage aux Inrockuptibles le goût d’être un électron libre : ni seulement rock, ni seulement world… L’outil ‘contraint’ en apparence de n’avoir pas une salle immense s’avère être un véritable couteau suisse sous l’Opéra de Lyon : on peut offrir aussi bien faire des concerts, une salle de projection, écouter des disques, des conférences… L’Opéra Underground pourrait aussi exploiter à l’occasion les ressources de la grande maison : ses ateliers, décors, costumes, son ballet et ses formations musicales… »

Parmi les pistes privilégiées, l’idée d’un lieu en forme de salle des machines, qui enthousiasme Richard Robert.  « On va pouvoir interroger la mémoire d’un événement, devenir une agora, un lieu d’échange. Ainsi la série « sur les docs » sera amenée à se poursuivre, mais je veux aussi réunir deux artistes pour échanger sur leurs techniques d’écriture de chansons. Lier le dialogue à la pratique. Et notre lieu s’y prête : descendre les escaliers renvoie à cette idée de la cave, où l’on va pour apprendre des choses qu’on n’aurait pas vues en surface. On y vient pour creuser un peu plus. »

Pour citer quelques noms, certains amenés à (re)venir : « Des figures tutélaires comme Piers Faccini ou Vincent Segal ont un esprit que j’aimerai faire souffler dans l’Opéra Underground, le violoncelliste Gaspar Claus ou Pascal Comelade font partie de ces électrons libres précieux dans notre paysage. J’ai un tropisme pour le Brésil, alors évidemment quelqu’un comme Kiko Dinucci et le groupe Metà Metà trouveraient naturellement leur place chez nous. Ce qui n’empêche que j’ai aussi très envie de travailler avec des artistes locaux comme le groupe Saint Satrill. Aux Nuits de Fourvière, en première partie de Jeanne Added, je les ai vu transporter tout le monde, ils ont une énergie, une inventivité folle »

L’empreinte de l’Opéra Underground enfin sera celle de l’ouverture, du voyage. « On vit dans des logiques de standardisations, d’uniformisation du son et des spectacles. Je pense que le public veut retrouver une originalité, des aspérités, et cela a plus de chances d’arriver dans une salle comme la nôtre que dans des grandes jauges où l’on croise beaucoup de clones ». S’ouvrir encore en somme.

Propos recueillis par Matthieu Conquet