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Quand le Marché Gare rencontre Le Festival du Péristyle

24 July 2020

Le Marché Gare
Le Marché Gare est une salle de concerts et de résidences de Musiques Actuelles ouverte en février 2006, et labellisée Scène de Musiques ACtuelles (SMAC) par le Ministère de la Culture depuis 2018. Sa configuration en fait un lieu de création et de diffusion musicale particulièrement propice à la rencontre et à la proximité entre les artistes et le public. Lieu d’expression(s) culturelle(s), le Marché Gare défend une programmation d’artistes aux démarches et esthétiques diverses, articulant la scène locale, nationale et internationale à travers près de quatre-vingt événements chaque année.

Un chantier de rénovation du bâtiment-porche, abritant la salle de concert, a commencé depuis fin 2018. D’ici sa réouverture en septembre 2021, le Marché Gare continue ses activités à travers L’Echappée Sauvage, programmation culturelle hors-les-murs, dans une trentaine de lieux différents de l’agglomération lyonnaise, comme L’Opéra de Lyon pour cette soirée du Festival du Péristyle avec deux invité·es : La Féline et Doka (DJ set).

La Féline (par Vincent Arquillière, rédacteur sur le site POPnews)
La Féline, c’est Agnès Gayraud, qui a fait récemment de Lyon son port d’attache. Parfois seule avec sa guitare, le plus souvent accompagnée de musiciens amis sur disque comme sur scène, elle délivre depuis une quinzaine d’années une pop mutante, à la fois ambitieuse et accrocheuse, portée par une voix au lyrisme toujours maîtrisé. Après quelques tâtonnements confidentiels, on l’a véritablement découverte en 2014 avec l’album “Adieu l’enfance” sorti sur le label Kwaidan (fondé par Marc Collin de Nouvelle Vague) et sa chanson éponyme, qui aurait été un tube dans un monde idéal. La Féline y imposait sa griffe : réminiscences new wave, clarté des lignes mélodiques, textes en clair-obscur entre rêveries et autobiographie impressionniste. Deux ans plus tard venait “Triomphe”, où sa musique gagnait en sensualité et en puissance sans rien perdre de son mystère. Après des collaborations avec Mondkopf et Laetitia Sadier (Stereolab), atterrissait l’an dernier la douzaine de compositions de “Vie future”, toujours chez Kwaida

Inspirée à la fois par la maternité, les romans et films de SF plus ou moins dystopiques des années 70 et les inévitables questionnements sur l’avenir de l’humanité face aux défis environnementaux, Agnès livrait avec ce troisième album son œuvre la plus émouvante et aboutie. La plus atmosphérique aussi, voire cosmique puisqu’il y est question de voyages spatiaux. « J’ai toujours créé des chansons à partir de climats sonores, mais là j’ai davantage travaillé avec des synthés, des boucles… A la base, certaines n’étaient que des mélodies de voix posées sur des sonorités plutôt synthétiques. Cela a donné sa couleur à l’album », nous disait-elle à sa sortie.
Cette tête décidément bien faite est aussi l’auteur d’une somme passionnante parue il y a deux ans et déjà traduite dans plusieurs langues : “Dialectique de la pop”, résultat de ses recherches universitaires sur « la singularité artistique et philosophique » de ce qui est beaucoup plus qu’une musique. Thèse, antithèse, synthétiseur : chez Agnès la Féline, la réflexion poussée se marie toujours avec une légèreté pétillante, le plaisir du jeu et l’amour sincère du format chanson, qu’elle explore en aventurière intrépide. Embarquez avec elle !

DOKA (interviewé par le Marché Gare)

– Comment t’est venue cette passion de diggers / chineurs de disques ?
Je suis tombé dans le Hip Hop quand j’étais au lycée. J’aimais le côté brut, urbain, spontané et l’aspect culturel du mouvement qui allait au-delà de la musique. J’ai commencé à m’intéresser à la production et à la culture DJ via des artistes comme Dj Premier, A Tribe Called Quest, Pete Rock, Invisible Scratch Pickles, Beat Junkies… Et en fouillant un peu, je suis remonté à la source des morceaux que j’adorais et j’ai versé dans la recherche des samples originaux. Le Hip Hop a joué pour moi un rôle de passerelles entre les styles et les époques. D’abord, je me suis initié au funk, à la soul, au jazz ou à tout ce qu’on pourrait considérer de manière réductrice comme de la “Black Music”. Puis, comme un effet boule de neige, je suis passé aux pionniers de l’électronique, au rock prog, aux musiques latines… Depuis, je n’ai cessé d’ouvrir mes horizons musicaux, de la musique concrète au garage, du highlife à la library, de la bossa au post-punk.
Puis Il y a une quinzaine d’années, j’ai commencé sensiblement à acheter frénétiquement des disques, à fouiller les bacs, à parcourir les vides-greniers, à visiter les dépôts ventes, à voyager et à faire du troc avec des particuliers. Trouver des disques obscurs ou super rares n’est pas une fin en soi, c’est plutôt la soif de nouveauté et de découverte qui m’amine. Aujourd’hui, je n’arrive toujours pas à étancher cette soif au grand dam de mon portefeuille.

– Les disques de ta collection auxquels tu tiens le plus ?
Chaque disque est associé à une histoire. C’est comme une carte postale qu’on regarde et qui fait remonter à la surface des souvenirs, douloureux comme agréables. Mais je ne classifie pas les disques par intensité émotionnelle. C’est donc difficile de répondre à cette question… Mais spontanément, je dirais l’album éponyme d’Arthur Verocai, le premier Boards Of Canada, « La Donna Invisibile » de Morricone, les singles de TSU Toronados, « Dots & Loops » de Stereolab, Ikenga Super Stars Of Africa, « Ralf & Florian » de Kraftwerk, « Lanquidity » de Sun Ra… Ce sont des disques je j’écouterai jusqu’à la fin de ma vie.

– Qu’est-ce que tu nous prépares pour ton DJ set du 8 Août ?
Je n’’ai pas d’idées arrêtées pour le moment, mais je sais qu’il y aura pas mal de brésilien en 45trs mais aussi du West Indies, du boogie nigérian, du rock psyché, des B.O. de films, peut-être du yéyé. On verra selon l’humeur et le mood estival.