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La série « Le disque du siècle » continue de manière virtuelle

Le disque du siècle

James Stewart

jeudi 16 avril à 17h

Gratuit

La série « Le disque du siècle » continue de manière virtuelle, tous les jeudis à 17h. Pour cette troisième édition notre ami James Stewart a accepté le défi.

Infos pratiques

  • Lieu En ligne
  • Durée 1h
  • Début 17h

 

Écouter Safari with Sabu, de Sabu Martinez

Face A
Safari – 10:27 (Louis Martinez)
Jeanette – 9:43 (Sabu)
Dawn – 3:48 (Sabu)
Face B
Ubas – 6:28 (Sabu)
Nadenga – 12:13 (Sabu)

Personnel :
Sabu Martinez : bongo, tympani
Ray Barreto, Ray « Mosquito » Romero et EvelioQuintero aux congas
Steve Berrios aux timbales
Oscar Pettiford à la contrebasse
Jack Hitchcock au vibraphone et au trombone
Cecil Payne au saxophone bariton
Gene Allen au saxophone ténor et hautbois.

Pour continuer à explorer les disques de ce musicien génial :
Références, liens :
Discographie améliorée de Sabu Martinez 

Bibliographie :
Paul Gilroy – L’Atlantique noir : Modernité et double conscience

Discographie en leader :
-Sabu : Palo Congo; Blue Note BLP-1516; 1957 (w/Arsenio Rodriguez)
-Louis « Sabu » Martinez : Safari with Sabu; RCA Vik LX-1122; 1958/1957
-Sabu & his Percussion Ensemble : Sorcery ! ; Columbia Adventures in Sound WL-101; 1958/1957 (« Sorcery » also on Various: Adventures in Sound ; Columbia 2 – LP promo 42396; 1958/1957)
Sabu Martinez & his Jazz-Espagnole; Alegre LPA-802 1960
-Sabu y sus Satelites : In Orbit ; SMC Pro-Arte SMC-1083; 1960 (Sabu in Orbit; Lazarus Audio Products LP-1083/1084; 1997)
-Sabu & his Afro-Cuban Jazz Sextet : Astronautas de la Pachanga ; SMC Pro-ArteSMC-1084; 1960
Groovin’ with Sabu Martinez ; Metronome MLP-15316; 1968
Afro Temple; Grammofonverket EFG-7341; 1973 (Pure PR-101; 1993)
Maldito Primitivo (The Swedish Radio Recordings 1977)
Burned Sugar
-Sabu Martinez
Sahib Shihab
Winds & Skins
Sabu Martinez
Och Björbobandet
Aurora Borealis

La présentation de James Stewart, version texte :

« Bonjour tout le monde,
Me voici donc à nouveau invité pour le disque du siècle.
La dernière fois c’était début mars, dans une autre espace temps, dans l’enceinte de l’Opéra et j’avais choisi un disque malien du Super Djata band de Bamako. Comme tous les gens invités pour cet exercice proposé par Olivier Conan de l’Opéra Underground, je viens de passer une semaine à réécouter des dizaines de disques, à choisir, changer d’avis, puis changer encore d’avis, pour finalement choisir avant de rechanger d’avis…
Et donc, j’ai fini par m’arrêter sur l’histoire d’un musicien plutôt que sur un disque. Ça fait maintenant un an que les soirées Black Atlantic Club que je propose ont déménagées entre autres à l’Opéra Underground, du coup j’avais envie de parler d’un musicien, et d’un de ses albums, qui incarne à mes yeux ce fameux concept d’Atlantique Noir que l’on doit à Paul Gilroy.
Ce musicien, en l’occurrence, c’est Louis Martinez, dit Sabu Martinez. D’origine Porto-Ricaine, il est né en 1930, selon les papiers comme il dit lui-même, à New York, dans le quartier de Spanish Harlem. Un quartier qui, durant les années 30 va accueillir les grands noms de la musique cubaine qui vont participer des évolutions de la musique afro-latine et du jazz, entre autres Mario Bauza, Chano Pozo, ou Arsenio Rodriguez.
Sabu est mort en 1979 en Suède ou il vivait depuis le début des années 70. Entre temps, et au-delà d’une carrière musicale particulièrement riche commencé à l’âge de 11 ans, il a braqué des bagnoles avec ses potes de Spanish Harlem, vendu de l’herbe et de l’alcool de contre-bande toujours dans le même quartier probablement avec les mêmes potes, il a vécu un temps à Porto Rico avec sa mère et tourné dans toute la Caraïbe avec les plus grands orchestres de musique afro-cubaine, s’est marié 7 fois, a eu 27 enfants, a tourné à l’héro, comme presque tout le monde du jazz dans les années 50, a enregistré le monumental Afro temple (que l’on entend en fond sonore), et a même tenu un club de striptease à Baltimore…Le tout en à peine 50 ans !
Mais pour en revenir à nos moutons, Sabu Martinez, va croiser la route de l’un des pionniers de la musique cubaine à New York, le conguero Chano Pozo, compagnon de be bop de Dizzy Gillespie, et il va même le remplacer à la mort de ce dernier dans l’orchestre du trompettiste, il a alors à peine 18 ans en 1948.
Pendant les 10 années qui suivent, jusqu’à la fin des années 50, il sera le sideman des plus grand de l’époque, entre autres : Horace Silver, Count Basie, Dizzy, Harry Belafonte, Tonny Bennet, Thelonious Monk, Charlie Parker, Max Roach, Arsenio Rodriguez, Patato Valdez, Sahib Shiab, Louie Ramirez, Jo Jones, Lionel Hampton, The Lecuona cuban boys ou encore avec Art Blakey avec qui il a enregistré le monument Orgy in rythm pour Blue note.
C’est à la fin de cette décennie des fifties qu’il enregistre ses 3 premiers albums en tant que leader. Palo Congo pour Blue note en 1957, Sorcery, la même année, pour Columbia et enfin, pour en venir à notre fameux disque du siècle, Safari with Sabu en 1958 pour RCA.

Alors maintenant, la grande question : pourquoi j’ai choisi ce disque ?
Et bien parce que ce fut pour moi un disque et un musicien charnière. Je devais avoir 20 piges à peu près quand j’ai découvert Sabu Martinez sur le fameux Orgyin Rythm d’Art Blakey (grâce à mon vieux pote Michel Rabès, que je salue à l’occasion), j’écoutais à ce moment-là, entre autres, beaucoup de jazz,surtout hard bop et « spiritual jazz » et ce disque de Blakey, même si il est plutôt tourné vers l’Afrique, une Afrique réinventée, m’a amené vers la musique afro-cubaine, le latin jazz, le mambo, la rumba congolaise etc, bref a ouvert une nouvelle brèche. Et après être passé par tous les classiques du genre, Tito Puente, Arsenio Rodriguez, Machito, Cal Tjader, Eddie Palmierietc, j’ai fini par tomber sur les albums de Sabu évoqués plus haut, surtout donc sur Safari with Sabu, mon disque du siècle, pour aujourd’hui…
Un album que je trouve évidemment génial, complètement perché, ou se mélangent les polyrythmies afro-caraibes réinventées, traduites par l’expérience sociologique de Spanish Harlem et le jazz, le tout dans une atmosphère à la fois solaire, baroque, un peu inquiétante, portée par l’utilisation du hautbois par endroits, de chœurs féminin hispanophones hallucinés à d’autres. Sabu Martinez est aux bongos et aux timbales, celles utilisées dans les orchestres de musique classique, il est accompagné à la rythmique par une équipe de choc : Ray Barreto, Ray « Mosquito » Romero et Evelio Quintero aux congas, Steve Berrios aux timbale (sses) s (avec l’accent cubain), Oscar Pettiford à la contrebasse, puis par Jack Hitchcock au vibraphone et au trombone, Cecil Payne au saxophone baryton et Gene Allen au saxophone ténor et hautbois. Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver les noms des choristes. Enfin, le producteur du disque pour RCA n’est autre que Bob Rolontz, qui a participé entre autres chefs d’oeuvre à Tijuana Moods de Charles Mingus ou le Orgy in Rythm d’Art Blakey évoqué plus haut.
Voilà, je vais en rester là pour la présentation, un peu scolaire, désolé, mais je voulais faire ça bien pour rendre hommage à l’œuvre de Sabu Martinez. Vous trouverez plus bas je pense le lien pour écouter l’album, d’une traite comme l’exercice le demande normalement à l’Opera Underground. Bonne écoute ! »
James Stewart

L’expression est courante. Quand un disque plait un peu, qu’il plait assez, mais que l’on sent qu’il n’est peut-être pas “important”, qu’il ne marquera pas une génération, qu’on l’oubliera peut être bientôt – on dit alors que “ce n’est pas le disque du siècle”.
Alors, ce disque du siècle, où le trouve-t-on ? Qui peut nous en parler ?

DJ, musicien et producteur, James Stewart est spécialiste des musiques d’Afrique et de sa diaspora. Ses soirées Black Atlantic Club réunissent des artistes qui viennent aussi bien d’Afrique que des cultures caraïbes et latino-américaines ou du Spiritual Jazz afrocentriste.